Quelles sont les voies permettant de contester les donations consenties par le défunt ?
Publié le :
12/12/2025
12
décembre
déc.
12
2025
Lorsque des donations ont été consenties du vivant d’une personne, leur validité peut parfois être contestée après son décès. Les contestations proviennent le plus souvent des héritiers réservataires lorsqu’ils estiment avoir été privés d’une partie de leurs droits, mais également lorsque les libéralités consenties excèdent la quotité disponible ou qu’un vice du consentement peut être invoqué.
Les sources de litige sont donc multiples et revêtent un enjeu patrimonial particulièrement important. Connaître les actions existantes permet de préserver efficacement les droits successoraux et de rétablir l’équilibre du partage.
Le rapport des libéralités à la succession
Le rapport des libéralités à la succession constitue une étape essentielle de la liquidation successorale. Il vise à reconstituer fictivement le patrimoine du défunt au jour de son décès afin de vérifier si les donations consenties ont pu porter atteinte à la réserve héréditaire. Ce mécanisme permet, en pratique, de déterminer la masse successorale de calcul, d’en déduire la quotité disponible et la part réservataire revenant de plein droit aux héritiers protégés.
Lorsqu’un héritier tente de dissimuler une donation devant être rapportée, il s’expose à une sanction pour recel successoral. Cette sanction traduit la volonté du législateur de garantir la transparence patrimoniale et d’éviter tout avantage indûment conservé par l’un des héritiers au détriment des autres.
L’action en réduction
L’action en réduction constitue l’outil principal à disposition des héritiers réservataires pour rétablir l’équilibre successoral. Elle peut être engagée lorsque les libéralités accordées excèdent la quotité disponible et portent ainsi atteinte à la réserve héréditaire, conformément à l’article 921 du Code civil. Cette action permet, par exemple, aux enfants lésés de contester une donation ayant absorbé la totalité du patrimoine du défunt.
Les délais pour agir sont strictement encadrés. L’action peut être formée dans un délai de cinq ans à compter de l’ouverture de la succession ou dans un délai de deux ans à partir du moment où l’héritier a eu connaissance de l’atteinte à ses droits.
En toute hypothèse, l’action devient irrecevable dix ans après le décès. L’action en réduction ne remet pas en cause l’existence de la donation elle-même, mais entraîne une indemnisation destinée à compenser la part réservataire amputée.
La révocation de la donation
La révocation de donation constitue une exception au principe d’irrévocabilité. Elle entraîne la disparition totale de l’acte dès lors que certains motifs graves sont caractérisés. La révocation est admise en trois hypothèses limitativement énumérées : lorsque le donataire a porté atteinte à la vie du donateur, lorsqu’il s’est rendu coupable de sévices, injures graves ou délits à son encontre, ou encore lorsqu’il refuse de lui fournir les aliments nécessaires.
Cette action appartient en principe au seul donateur. Les héritiers ne peuvent la mettre en œuvre qu’à la condition que le donateur l’ait engagée avant son décès ou que celui-ci ne soit pas intervenu dans l’année du délit reproché.
La nullité de la donation
La nullité repose sur le défaut de consentement ou l’absence de capacité. L’article 901 du Code civil exige que le donateur soit sain d’esprit, tandis que l’erreur, le dol et la violence constituent des vices du consentement susceptibles d’annuler la donation. L’action en nullité obéit au délai quinquennal prévu par l’article 2224 du Code civil.
Les héritiers doivent démontrer qu’au moment de l’acte le donateur n’était pas sain d’esprit, preuve rapportable par tout moyen : dossier médical, témoignages médicaux, attestations, comportement incohérent, etc.
De la même manière, en cas d’erreur, dol ou violence, ils devront prouver que le consentement a été altéré, par exemple si le donateur a été trompé ou manipulé. Une fois la nullité prononcée, la donation est anéantie rétroactivement et le donataire doit restituer intégralement le bien reçu.
Historique
-
Nouveautés de la loi de finances pour les entreprises
Publié le : 30/03/2026 30 mars mars 03 2026Droit des sociétés / Transmission d’entrepriseAprès plusieurs mois de débats et le rejet des deux motions de censure déposé...Source : www.la-vie-nouvelle.fr
-
Augmentation du loyer : un propriétaire peut-il augmenter le loyer chaque année ?
Publié le : 25/03/2026 25 mars mars 03 2026Droit immobilierUn propriétaire peut-il augmenter le loyer chaque année ? Découvrez les règle...Source : www.gererseul.com
-
Accident du travail : le juge ne peut refuser d’indemniser une perte de chance constatée et doit vérifier le respect du délai d’offre d’indemnisation par l’assureur
Publié le : 24/03/2026 24 mars mars 03 2026Droit de la responsabilitéUn salarié est victime d’un accident du travail. Estimant que cet accident lu...Source : www.lemag-juridique.com
-
Un enfant majeur peut-il exiger une aide financière de ses parents ?
Publié le : 24/03/2026 24 mars mars 03 2026Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoineUn enfant majeur qui ne peut subvenir à ses besoins peut-il exiger que ses pa...Source : www.service-public.gouv.fr
-
Pacte Dutreil : comment transmettre votre entreprise dans des conditions fiscales avantageuses ?
Publié le : 23/03/2026 23 mars mars 03 2026Droit des sociétés / Transmission d’entrepriseLe Pacte Dutreil est un mécanisme fiscal redoutablement efficace pour transme...Source : www.previssima.fr
-
Nullité d’un testament pour insanité d’esprit : le légataire particulier révoqué par un testament postérieur n’a pas qualité pour agir
Publié le : 20/03/2026 20 mars mars 03 2026Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoineUne personne décède en 2016 sans héritier réservataire. Par un testament auth...Source : www.lemag-juridique.com
-
L’exception d’inexécution impose un contrôle du juge, même en présence d’une clause résolutoire
Publié le : 18/03/2026 18 mars mars 03 2026Droit commercial / Baux commerciauxLa Cour de cassation rappelle, en matière de bail commercial, que la mise en...Source : www.lemag-juridique.com
-
Acceptation pure et simple, acceptation à concurrence de l'actif net ou renonciation à la succession : comment choisir ?
Publié le : 16/03/2026 16 mars mars 03 2026RédactionÀ la suite d’un décès, les héritiers présomptifs disposent d’une option succe...
-
Le bail rural fait-il obstacle à la vente d'une entreprise agricole ?
Publié le : 09/02/2026 09 février févr. 02 2026RédactionLes agriculteurs ne sont pas toujours propriétaires des terres qu’ils cultive...
-
Cession d'entreprise : la clause de non-concurrence est-elle vraiment utile ?
Publié le : 30/01/2026 30 janvier janv. 01 2026RédactionVéritable pilier du droit commercial, la liberté d’entreprendre permet à chac...
-
Quelles sont les voies permettant de contester les donations consenties par le défunt ?
Publié le : 12/12/2025 12 décembre déc. 12 2025RédactionLorsque des donations ont été consenties du vivant d’une personne, leur valid...
-
Expulsion locative : comment bénéficier de la procédure d'expulsion accélérée ?
Publié le : 06/11/2025 06 novembre nov. 11 2025RédactionLorsqu’un locataire cesse de remplir ses obligations, notamment en cas de loy...
-
Quelles sont les étapes essentielles pour réaliser la réception des travaux ?
Publié le : 13/10/2025 13 octobre oct. 10 2025RédactionLa réception est une étape clé au sein du droit de la construction. Souvent n...
-
Qu'est-ce que la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ?
Publié le : 30/09/2025 30 septembre sept. 09 2025RédactionCréée en 2004, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CR...
-
Sous-traitance et garantie de paiement : la Cour de cassation confirme la responsabilité du dirigeant de droit
Publié le : 26/09/2025 26 septembre sept. 09 2025Droit immobilier / Droit de la constructionEn matière de construction de maisons individuelles, l’article L 241-9 du Cod...Source : www.lemag-juridique.com














