Cession d'entreprise : la clause de non-concurrence est-elle vraiment utile ?

Cession d'entreprise : la clause de non-concurrence est-elle vraiment utile ?

Publié le : 30/01/2026 30 janvier janv. 01 2026

Véritable pilier du droit commercial, la liberté d’entreprendre permet à chacun d’exercer librement l’activité de son choix, à condition de respecter l’ordre public, la réglementation en vigueur et les droits des tiers.

Cependant, cette liberté n’est pas totale : elle peut être restreinte si un intérêt légitime le justifie et que cette restriction est proportionnée à l’objectif poursuivi. Dans le cadre d’une cession de fonds de commerce, les parties peuvent insérer une clause de non-concurrence, destinée à encadrer temporairement l’activité du cédant afin de préserver les intérêts légitimes de l’acquéreur.

 

Qu’est-ce qu’une clause de non-concurrence ?


La clause de non-concurrence est une disposition contractuelle interdisant au cédant d’exercer, directement ou indirectement, une activité concurrente à celle du fonds cédé. Cette interdiction est limitée dans le temps et circonscrite à une zone géographique définie.

L’objectif principal de cette clause est d’éviter que le cédant ne détourne la clientèle attachée au fonds en s’implantant à proximité avec une activité similaire. Elle protège donc la rentabilité et la pérennité du fonds acquis, tout en sécurisant l’investissement de l’acquéreur.

 

Les conditions de validité de la clause de non-concurrence


L’insertion d’une clause de non-concurrence repose sur le principe de liberté contractuelle : elle ne peut pas s’imposer aux parties. Lorsqu’elles choisissent de l’insérer dans l’acte portant cession du fonds de commerce, certaines conditions doivent être respectées :
 
  • Une durée raisonnable : la clause doit être limitée dans le temps. Une durée excessive peut entraîner sa nullité ;
  • Une zone géographique proportionnée : le périmètre doit correspondre à la zone d’attractivité du fonds ;
  • Une activité définie : la clause précise clairement les activités visées par l’interdiction.

De plus, la clause de non-concurrence doit assurer un équilibre entre les parties, et ne pas conférer un avantage manifestement excessif à l’acquéreur.

 

La violation de la clause de non-concurrence


Le cédant qui contrevient à la clause, en s’implantant à proximité du fonds cédé pour exercer une activité concurrente, porte une atteinte directe à la clause de non-concurrence. Dans ce cas, il engage sa responsabilité civile contractuelle au sens de l’article 1231-1 du Code civil.

À ce titre, l’acquéreur, lésé par le non-respect des dispositions contractuelles, peut réclamer :
 
  • Des dommages-intérêts, en réparation du préjudice subi ;
  • La cessation immédiate de l’activité concurrente, le plus souvent sur intervention du juge.

En pratique, la clause de non-concurrence prévoit une somme forfaitaire due par le cédant, pour chaque jour où il agit en violation de ses obligations. Si l’acquéreur estime avoir perdu de la clientèle et avoir subi une baisse significative de son chiffre d’affaires, ces pertes pourront être demandées en supplément de la l’indemnité forfaitaire due.

 

Intérêts et limites de la clause de non-concurrence


Véritable limite à la liberté d’entreprendre, la clause de non-concurrence présente plusieurs avantages :
 
  • Elle sécurise l’investissement, en permettant à l’acquéreur de préserver la clientèle attenante au fonds ;
  • Elle réduit le risque de concurrence directe de la part du cédant ;
  • Elle clarifie les limites d’action du cédant après la cession, ce qui réduit les risques de conflits ultérieurs.

Pourtant, son efficacité réelle dépend de la rédaction qui en est faite : une clause trop large, floue ou, au contraire, disproportionnée peut être entachée de nullité, laissant l’acquéreur sans aucune protection.
 

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